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Il a fallu qu’un jour Dieu fasse l’homme !

“Cherchez et vous trouverez, frappez et l’on vous ouvrira”
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Rue des Filles du Calvaire (1)
Aujourd’hui, je peux dire que Jésus est dans ma barque (c’est à dire il règne dans ma vie). Mais il ne l’a pas toujours été. Avant, je gouvernais seul. C’est moi qui tenais le gouvernail de mon existence. A travers beaucoup d’efforts, je n’ai pas trouvé de solution, ni de chemin à mon goût. Ma vie a fait naufrage. A ce moment là, je crois que c’est Dieu qui m’a trouvé, plus que moi je ne l’ai trouvé.
Il a fallu tout recommencer, mais cette fois pas seul. Voici la manière dont j’ai invité Jésus-Christ à prendre place dans ma nouvelle barque (dans ma vie) et à gouverner. C’est un témoignage authentique, le mien, un récit écrit à chaud, que je présente ici en plusieurs étapes sous le titre : “Rue des Filles du Calvaire”.


Rue des Filles du Calvaire

“Sans le savoir, j’avais cherché Dieu..."

à tout le monde
mais aussi à tous les artistes, poètes, gens de la rue, pauvres et démunis



Le grand départ

« C’est la poule qui chante qui a fait l’oeuf ! » Mais avant elle ne chante guère, pendant, encore moins.
Quand elle se dirige vers son poulailler, on ne va tout de même pas l’en empêcher !
Le problème, c’est que je ne suis pas une poule. Mon employeur ne m’écoutera pas quand je lui dirai : « Monsieur, j’ai un oeuf a faire, laissez-moi partir ! »
Triste vie. J’ai mal au ventre. Mon chant est une lamentation. L’hiver dure toute l’année.
Qu’à cela ne tienne, je pars. Qui m’en empêchera ?
Avant de quitter Paris, je prends une dernière photo face au Sacré-Coeur où l’on voit des enfants habillés de rouge auprès d’un graffiti lisible de très loin : Ni Dieu ni maître.
Ça me plaît. Je pars. Cette fois c’est le grand départ. Ils ne m’entendront plus râler. L’ennui c’est Maryse, elle a dans mon coeur la place d’une soeur, je ne sais pas si je pourrai l’oublier. Mais ça suffit, mon chargement déborde.
J’en veux à la vie, comme a une personne, laide, qui m’oblige à trancher, à refuser tout compromis, qui me prend sous sa coupe et me gagne.
Je n’y comprends rien. Mais j’ai tant couru qu’il ne me reste plus qu’à courir après elle, après quoi je courrai après la mort !

Nuremberg

La ville de Nuremberg a encore changé. Ses grandes artères sont ouvertes car on va y installer un métro. Tout le monde se réjouit. Je me dis « les cons ». Devant la gare, des dizaines et des dizaines de curieux regardent un immense trou au fond duquel s’affairent des ouvriers avec des machines.
L’air a une drôle d’odeur. Le vent à son gré transporte les effluves des différentes industries, j’ai reconnu celle de la bière, celle des crayons. Malgré la grisaille du ciel, l’atmosphère demeure paisible. C’est un bien-être mystérieux. Après Paris, Nuremberg m’apparaît comme un village.
J’y reconnais les rues, les maisons, les gens. D’innombrables endroits me rappellent un épisode de ma vie qui me tient en plein ventre. Combien d’années ai-je donc vécu dans cette ville ? dans cette Allemagne ? Je ne sais plus. On se quitte, on se retrouve. Combien de déchirures ?
Je marche avec mon histoire d’amour, avec un bagage lourd, trop lourd.

Frau Weiss

Frau Weiss n’a pas changé. « Je ne vieillis pas ! », se plaît-elle a répéter. Elle est toujours seule. Son mari est mort depuis longtemps.
Dans le grand salon qu’elle occupe, tout est à la même place, les objets, les meubles, les tapis. Tout ça ne bougera plus a moins d’un tremblement de terre. Sur les murs, il y a toujours le faux Bôcklin représentant une scène idyllique du paradis, en face une nature morte très sombre, ici et là divers tableaux portant ma signature et, immuablement sur la télé cette carte postale que j’avais déchirée dans un accès de colère et que Frau Weiss a recollée, sur laquelle sont imprimés en gros caractères rouges les mots : JESUS T’AIME.
Les meubles sont verts parce que je les ai peints en vert, avant ils étaient blancs comme dans un hôpital. Durant cette période quelque peu grisante, Frau Weiss faisait l’office de mère et moi de fils. Le fils était dessinateur industriel. La mère s’occupait du fils. C’est elle qui tenait son argent.
Lorsque je m’installais devant la télé, les deux pieds sur la table, un mot suffisait pour me faire servir : « Durst ! », « Hunger ! »
Bien plus, quand je tombais a cours de cigarette, fut-il minuit, son empressement pour aller m’en chercher au distributeur du coin n’était pas feint. Je ne la retenais qu’en dernière seconde. Un jeu.
Un autre jeu, plus difficile celui-là, consistait à lui faire débiter 1 DM, 2 DM... Cela pouvait durer une heure, deux heures, si ce n’était pas toute une journée ou plus. Il fallait la voir debout, immobile, combien vulnérable, le porte-monnaie à la main en train d’écouter mes plaidoiries qu’elle réfutait inlassablement par les mêmes mots : « Vous êtes incapable de garder de l’argent dans vos poches ! il faut que vous le jetiez par les fenêtres ! Vous ne savez pas épargner ! vous ne serez jamais riche ! »
Dans les cas de refus catégorique, il s’ensuivait, hélas, un remue-ménage que j’improvisais gaillardement. Le sommet fut bien sûr cette soirée où Frau Weiss appela la police.

Espérer quoi ?

En retrouvant Nuremberg tout me revient à l’esprit, c’est un amalgame de jours terribles, un enchevêtrement de douleur, une cicatrice qui n’est pas fermée, qui ne veut pas se fermer. J’arrive dans la peau d’un malade. Quelque chose en moi m’accable jour et nuit. Je ne me souviens pas d’avoir espéré. Espérer quoi ? De plus en plus, je me rends compte que pour ce genre de mal il ne se trouve point de médecin sur toute la planète. Et de regarder les hommes ne fait qu’augmenter ma haine.
Frau Weiss le sait. Je lui ai assez rabâché. Quant aux allemands, c’est pareil pour ne pas dire pire, d’ailleurs nulle envie ne me pousse à parler leur langue. Curieusement mon être se repose d’ignorer ce qu’on dit autour de moi.
« Herr Marchal, je savais que vous reviendriez. J’ai prié pour vous ! » Quels drôles de mots dans la bouche de Frau Weiss !
Ce qui m’impressionne encore chez cette femme, c’est sa tranquillité face au tragique de la vie. La rue est à ses pieds. Tous les soirs, la télé lui montre le monde en sang, sans parler de la radio qui l’informe toutes les heures, ni du journal qu’elle lit toute la journée. Bon, elle dit bien que ça ira mal, qu’un jour il y aura la guerre, mais ça ne la tracasse pas. Placide, elle vous regarde droit dans les yeux et vous dit ce qu’il y a de marqué sur la carte que j’ai déchirée.
Rien de tel pour me faire bouillir. Quand cela arrive, je me lève d’un trait et me retire dans ma chambre.

Questions d’amour

Entre les quatre murs, les questions s’accumulent.
D’abord pourquoi l’amour finit-il toujours par s’en aller ? Il vient puis s’en va. C’était pas la peine ! Il arrive du dehors avec des souliers, sales, rentre dans votre maison puis ressort. Vous essayez de le retenir, mais il vous file entre les doigts comme un filet d’eau. Rien à faire.
Pourquoi venir si c’est pour repartir ?
Désemparé, planté au milieu de votre carrée, vous regardez maintenant les traces laissées par terre.
Il va falloir laver.
Je pense à Vitry-les-Nogent, le village de Haute-Marne ou j’ai grandi ; je pense à ma mère quand elle lavait notre maison à grande eau. Hiver comme été, il fallait laver à grande eau. J’entends encore les remontrances à cause des petites jambes allant et venant, sortant et rentrant avec des paquets de boue collés aux chaussures.
Et moi j’ai des paquets de boue collés au coeur. Comment faire ?
Sur une table face à la fenêtre, il y a un globe terrestre, c’est par là que s’en vont mes pensées, et j’imagine un oiseau qui les emmène.
(à suivre)

Il y a 6 pages, lire de 1 à 6 : http://alberto.joueb.com/rue_des_filles_du_calvaire.shtml

Ecrit par alberto, le Mardi 24 Janvier 2006, 09:12 dans la rubrique Rue des Filles du Calvaire (vécu, 6 pages).

Commentaires :

stupidchick
24-01-06 à 13:15

j'aime beaucoup quand tu racontes tout ca.

la suite! la suite!


 
alberto
24-01-06 à 14:02

Re:

Je ne sais pas si ça va te plaire jusqu’au bout, Stupidchick ! Mais comme c’est grâce à toi que j’ai ouvert ce blog, (tu te souviens), je te transmets ce que j’éprouve, un fort sentiment de reconnaissance et de respect pour ta personnalité si attachante. Bises.

 
stupidchick
24-01-06 à 18:37

Re: Re:

waaaaa....
tant pis si ca ne me plait pas, j'ai envie de savoir quand meme.
j'y pensais en te lisant, d'ailleurs, a avant que tu ouvres ce blog, comme des echos de Nuremberg...

 
roth
02-11-14 à 17:49

Re: Re:

Merci à toi qui a incité , si j'ai bien suivi, Alberto a écrire ces lignes.
Ton style littéraire, Alberto, est très agréable et, même si le sujet ( la révélation de la religion, ne me touche pas, je lirai la suite avec plaisir.

 
stupidchick
09-07-15 à 21:17

Re: Re:

hum... Pourtant pas ce que j'ai fait de mieux... Ca montre patte blanche Dieu est amour Jésus te pardonne et panse tes blessures, mais dès que ça baisse sa garde, ça montre son vrai visage, les bons vieux principes anti-avortement anti-mariage-gay et tout le cortège de Pharisiens... mais que dis-je de toute façon hein Satan m'habite (ouaah jsai, trop facile:p)



 
Anonyme
04-02-06 à 01:49

Lien croisé

ATHEOLOGIE & CREDOPATHIE : LES FIDEISTES SUR WEB : "re un trackback sur cette note : http://atheologie.hautetfort.com/trackback/342955 Commentaires « Nous ne saurons jamais par quel traumatisme notre Alberto préféré, ex-athée, est tombé dans la marmite. »… Mais si ! tout le monde peut le savoir, je le raconte dans un récit qui s’appelle « Rue des Filles du Calvaire » : http://alberto.joueb.com/news/200.shtml"

 
Anonyme
10-11-08 à 10:44

Lien croisé

come clean : "st pas belle. La vie est mal faite et c’est ma conviction. Il me suffit de regarder les gens courir en tous sens derrière je ne sais quelle bille ; d’observer leur visage, leurs yeux, leur bouche. Quelle tristesse ! Quelle tristesse ! Personne ne vous regarde ! Quel sentiment de néant ! Il faudrait pleurer sans arrêt ! Marcher vers qui ? vers quoi ?"... Extrait du témoignage d'alberto qui est aussi passé par là (sans les pillules magiques), mais dans la merde quand même puisque sans argent et sans espoir. Il dit que sa première prière fut "Mon Dieu" et que dans cette phase il reçut de l'aide (une chambre sous les toits de Paris avec un frigo rempli). Il dit aussi qu'en l'espace de trois mois il reçu la conviction de l'existence de Dieu"

 
Anonyme
21-05-09 à 13:08

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Non les gens n’aiment pas que... : " plus. On ne voit pas non plus l’Esprit que Dieu donne à un être qui s’ouvre à la foi, qui se convertit, et qui devient une nouvelle créature. On n’en voit que les effets.Sur ce blog, on voit les effets de ma vie et de la nouvelle créture que je suis devenu depuis  ma conversion, depuis le jour où je me suis ouvert à Dieu et à ses dispositions. (récit de ce vécu : lien)Démonstration peut-être, mais témoignage :Maintenant, pour Madame ou Monsieur Toutlemonde, reste à classer dans sa vie les choses importantes et les choses moins importantes. Reste à définir les priorités. La plupart des gens sont incapables de penser de la sorte, trop de choses les embrouillent dans le coeur et le cerveau, et jusque "

 


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