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Il a fallu qu’un jour Dieu fasse l’homme !

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Rue des Filles du Calvaire (2)

Mon ami


L’éclaircie se produit chaque fois que je retrouve Georges, mon ami, mon pote. Avec lui c’est pareil on se quitte, on se retrouve. C’est la grande claque sur l’épaule. Avec lui c’est aussi le gros rouge, le tabac gris, la bonne franquette... On fait bon ménage ensemble.
Nos routes se sont croisées un jour que Frau Weiss mit le doigt sur une petite annonce et me la montra. Il y était question d’une française nouvellement à Nuremberg. La femme de Georges. Le couple avait trois enfants. En plus, une jeune hongroise partageait leur foyer, un minuscule réduit dans un quartier pauvre de la ville. Mais cela ne dura pas. Une nuit, on sonna chez Frau Weiss, c’était Georges, un Georges complètement désemparé : il venait de trouver sa maison vide, ses femmes venaient de le quitter.
Des lors, la haine gonfla de plus en plus sa poitrine.
Il en voulait surtout a sa mère, la soupçonnant d’avoir manigancé depuis la France toute l’opération afin, précisait-il, de récupérer les gosses. Et la tête bourrée de représailles, il dormait avec un revolver dans la table de nuit. « Le premier qui rentre je le descends ! »
Une fois, pour rire, il braqua son arme sur moi. A mes reproches, il m’expliqua non sans ricanement, qu’en fait il ne s’agissait que d’un revolver d’alarme. Mais quand l’engin serait en plastique, je ne conçois pas un tel geste.
Par delà les tournants de la vie, les brouilles, Georges demeure mon ami. Cela colle à mes parois secrètes à cause des années traversées côte à côte, ici et là, cahotant sur une même route ; des années peintes en dedans, vaste fresque de la dégringolade.
... Quand ma mère voyait la maison sale, elle lavait à grande eau.

Visite de Georges le matin

Chaque jour à dix heures, le téléphone sonne, une sonnerie installée dans le couloir de façon a couvrir les huit pièces de l’appartement. C’est Georges. Frau Weiss se réjouit. Au fond, la compagnie de mon ami qui présente bien, qui parle bien, beaucoup mieux que moi, l’a toujours charmée et son coeur bat encore au souvenir du bon temps passé ensemble. Elle se souvient, prête à nous servir le café comme autrefois avec les fameux Küchele, les Krapfen, les Bamberger, toute une montagne de gâteaux.
Mais quand Georges vient, il entre en ouragan dans ma chambre, et avec moi il parle tantôt la langue de Bérurier, tantôt la langue académique. Trempée dans l’eau et lessivée, voilà ce que donne à peu près sa salutation : « Casse pas les pieds, hein ! »
Avec des grands gestes, il flanque sa valise diplomatique sur le lit et fait voler son manteau sans se soucier ou il retombera.
Il me voit assis à ma table, carré dans le vieux fauteuil « Napoléon ». Il rigole, se plante devant moi : « Qu’est-ce tu fous ? »
Il sait exactement ce que je suis en train de faire.
Comme il y a en face un autre fauteuil « Napoléon », il s’y laisse tomber, moitié couché, moitié assis, une jambe par dessus l’accoudoir.
Tandis qu’il bourre une pipe, son regard traîne sur les choses. On dirait qu’il considère ce qu’il y a sur la table, puis tout d’un coup le voilà debout avec la mine préoccupée d’un homme d’affaire qui vient de se souvenir d’un rendez-vous important : « Tu viens chez moi ? »
Je le connais Georges.
Il étouffe dans la maison de Frau Weiss où tout est vieux, où ça sent le renfermé.
« Ta mère Weiss, peux plus la sentir. Alors tu viens chez moi ? »
Ça me peine de lui expliquer chaque fois la même chose, que si je n’écris pas mes cinq pages par jour comme je me le suis fixé, mon livre ne sera jamais fini, que le but à atteindre nécessite une discipline sévère. Dans mes lèvres, c’est un discours nouveau qui le fait pouffer, surtout à cause du mot « discipline ». Il va lui falloir du temps pour s’y faire. Pauvre Georges !

L’histoire de Johanna

Avec les bras d’un terrassier, je pioche ; j’y mets toute ma joie, toute ma grogne. Je m’arrête aussi pour cracher, boire et pétrir mon cou qui est dur.
En face, les nuages bougent et le soleil, par moments, semble d’une clarté jamais vue. J’aime lever la tête et tenter de fixer le regard sur la boule de feu, obstinément, offrant à l’impossible un défi espiègle d’écolier.
A ce jeu, le soleil me ferait paresser sur mes feuilles. Et les jours où celles-ci restent blanches, je mesure alors épouvanté la folie de mon entreprise. Mais qui donc pourrait m'arrêter ? La mort peut-être, elle qui a faillit m’avoir déjà à deux reprises : une fois dans un accident de voiture ; l’autre fois pour avoir avalé le contenu d’une boîte de somnifères, juste après la rupture de Johanna.
Johanna, voilà toute mon histoire ; et la revivre au bout de mon crayon me fait souffrir comme sous le coup d’un scalpel.
Johanna, c’est cette fleur des bords de route, le vermillon des champs de blé, le pavot des jardins. Johanna, c’est cette fleur que j’ai cueillie un soir d’été sur les remblais sauvages de mon chemin : un coquelicot bien rouge.
L’histoire la plus banale mais qui m’a donné rapidement, dans l’après coup de mes vingt ans, les premiers cheveux blancs.

Adieu mon pays !

A Vitry-les-Nogent, on est encore loin de l’Allemagne, surtout notre maison isolée à près d’un kilomètre du village, en pleine campagne.
Ma mère m’a rapporté qu’un jour, un gendarme qui s’enquérait de ma nouvelle adresse, lui avait dit : « Qu’est-ce qu’il fait donc là-bas ? Il y a assez de travail ici ! »
C’était en 1970.
A l’époque, en effet, le travail ne manquait pas dans la région. La coutellerie de Nogent-en-Bassigny rivalisait avec celle de Thiers, et les usines, les artisans « bourraient » jour et nuit. Les ouvriers qualifiés avaient le choix. On se laissait même demander par les employeurs à l’affût.
C’est ainsi que l’un d’eux, un homme plus dynamique que les autres, se présenta à la maison et me proposa un contrat si intéressant que je le signai. Cela me plaisait. J’allais m’occuper d’une machine automatique très moderne fabriquée par les allemands. Mais avant de commencer à Thiers, au sein d’une jeune entreprise, un stage de trois mois chez le constructeur avait été décidé. A cet égard, on m’envoya immédiatement apprendre l’allemand dans une école a Besançon où mon entrée fut caractérisée par un bras dans le plâtre, suite précisément à l’accident de voiture, accident provoqué par mon oncle. Et si celui-ci s’en sortit simplement contusionné, ma tante à côté, fut éjectée, tuée sur le coup. Un drame sans précédent pour toute la famille.
Et moi qui m’en allait aussi... le petit dernier, le septième, laissant comme à l’abandon ma pauvre mère en larmes devant la maison.
La vie m’expliquera-t-elle pourquoi ces ruptures, ces déchirements ? Pourquoi faut-il se quitter ?

Le drame

Un représentant de la firme allemande m’accueillit à la gare de Nuremberg. Je me demande ce qu’il pensa en me voyant débarquer avec une guitare.
Le fait est que très vite, d’autres idées que des idées techniques me vinrent à l’esprit ; et en un rien de temps la grande ville m’engloutit.
Quand je rencontrai Johanna, tout bascula d’un tour, le monde entier cessa d’exister ; Johanna devint mon monde et infiniment davantage : ma raison de vivre.
Au bout des trois mois, une union définitive nous parut naturelle, inévitable, aussi bien à elle qu’à moi. Nous nous aimions. Je quitterai donc la France pour venir habiter avec elle, en Allemagne ou ailleurs, peu importe.
Johanna me mit dans un avion. En France je retirai mon argent de la banque, j’achetai une voiture et dans le mutisme le plus total, fonçai vers Paris. Johanna vint m’y rejoindre, elle voulait voir Paris. Enfin, après quelques jours de folie, nous mîmes le cap sur Nuremberg. Et en même temps, hélas,le cap sur bien des tourments.
Le drame éclata environ trois semaines plus tard, l’espace d’une seconde comme l’accident de mon oncle, lorsque j’appris que Johanna me trompait.
Cela me fit l’effet d’un coup de couteau.
Comment avait-elle pu puisque nous nous aimions ? Je n’y comprenais rien. Dès cet instant, plus rien ne fut comme avant ; et des années terribles suivirent.
J’avais trop d’orgueil pour retourner en France, trop de honte pour révéler a quiconque ma liaison amoureuse avec une fille de peu de vertu, trop de feu au coeur pour renoncer à elle.
Après une guerre passionnée, cent fois recommencée, Johanna finit par me trouver une chambre en ville et par me fiche à la porte une bonne fois pour toutes.
C’est là, chez Frau Weiss, que je craquai et avalai une poignée de somnifères. C’est là, deux jours plus tard, que Frau Weiss me trouva dans un drôle d’état et qu’elle me prit en main. C’est là qu’elle entendit pour la première fois mes confidences.
(à suivre)
Ecrit par alberto, le Mercredi 25 Janvier 2006, 09:02 dans la rubrique Rue des Filles du Calvaire (vécu, 6 pages).

Commentaires :

Turquoise
25-01-06 à 10:11

coccinelle

Bonjour,

j'ai vu sur le site de sylvie que vous cherchiez des photos de coccinelles. J'ai donc pris contact avec elle, elle m'a dit de prendre contact avec vous ce que je fais. Etant moi même photographe (amateur, j'espère averti....:), j'ai une série sur les coccinelles. Juste pour info, je travaille avec une maison d'éditions de cartes postales. Si vous me donnez vos coordonnées  je pourrai vous envoyer ce que j'ai à disposition en ce moment.


 
alberto
25-01-06 à 10:18

Re: coccinelle

Turquoise, allez sur : www.media-esperance.org
Cliquez sur : contact
Merci
Guy

 
Anonyme
03-03-06 à 14:49

nogent

Bonjour ,

Votre texte est tres simpathique.

Moi je recherche des crartes de Nogent et de ses environs.

Peut etre pouvez vous m'aider

Merci d'avance

4000dominique


 
alberto
03-03-06 à 16:48

Re: nogent

Merci de votre passage Dominique. Vous cherchez des cartes postales de Nogent en Bassigny ? Je n'habite plus la région mais j'y passe de temps en temps et j'y ai des relations. Donnez-moi un peu plus de précisions.

 


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